Adéquations pour carnet de route en Californie

Publié le par Shaya Onthemoon

La rentrée est là, sous un soleil d’été indien qui essaie de compenser les semaines de pluie et de grisaille du mois d’août.

Dans ma tête, tourbillonnent encore les images de notre court voyage en Californie : les rires dans les studios de cinéma de Los Angeles, le goût épicé des crevettes de chez Bubba Gump, l’oasis de fraîcheur en plein désert en dégustant une pastèque et des cerises à la Casa de Fruta, l’émerveillement devant les méduses de l’aquarium de Monterey, le voyage dans le temps de l’intelligence et l’ingéniosité humaines au Computer History Museum de Palo Alto, le soleil brûlant au-dessus du village abandonné de Bodie, la majesté des séquoias millénaires du Sequoia National park et l’immensité des paysages du Yosemite Park, l’éclat émeraude des eaux du Tahoe Lake, la saveur du burger au champignon (oui, au singulier tant il était gros !) sur la route, la sensation d’être à la maison dans les rues de San Francisco… et tant d’autres.

Le seul carnet que j’ai tenu est celui dans lequel je consignais scrupuleusement tous les jours le nom des lieux où nous étions passés. Trop fatiguée par, entre autres, les visites et la route, je n’ai pas eu le temps d’écrire plus que ces quelques pages. Et de prendre plus de 1800 photos.

 

En prévision du voyage, j’avais choisi quelques romans en plus des guides touristiques. Et d’autres œuvres lues cet été se sont révélées incroyablement assorties à cette belle escapade outre-Atlantique. Petit tour de cette adéquation lectures-voyage :

 

Découvrir Los Angeles

L.A. confidential, de James Ellroy (éditions Rivages) : dans les années 50, des flics hantés par la Seconde guerre mondiale essaient d’éviter les filets de gros bonnets sans scrupule ni regret aucun. On y suit de loin la construction d’un parc d’attractions ressemblant à s’y méprendre à Disneyland, on gratte sous le vernis des stars… Attention : très noir.

Pour les amateurs de jeux vidéo : le superbe jeu L.A. noire reprend tous les codes des romans de James Ellroy.

 

S’imprégner de Sequoia National Park et Yosemite Park ; explorer Bodie State Historic Park

Le Soldat chamane, intégrale tome 2, de Robin Hobb (éditions J’ai lu) : dans le tome 1, on découvrait le jeune Jamère. Gentil garçon, il accomplissait la volonté de son père, aveuglément, allant jusqu’à suivre un guerrier jusqu’aux portes de la mort, puis s’enfermant dans une école militaire. Dans ce tome 2, Jamère prend le large. On découvre des paysages sublimes de forêts antiques aux arbres titanesques qui ne sont pas sans rappeler les intimidants séquoias des parcs nationaux (au pied de leurs trois millénaires, je me suis sentie bien petite). Et on vit aussi avec Jamère dans une ville du bout du monde, cabanes en bois, poussière et misère – comme ont dû vivre les derniers habitants du village de chercheurs d’or qu’est Bodie.

Les Foulards rouges, épisodes 1 à 6, de Cécile Duquenne (éditions numériques Snark) : sur la planète Bagne sont expulsées les condamnés à perpétuité, dont le régime au pouvoir sur Terre se débarrasse. Bagne est chaude, poussiéreuse, et pleine de magilectrie. Quand on est un homme, on y survit à la force de ses poings et si on est adroit et rapide au tir. Quand on est une femme, on est prostituée de force. Lady Bang, elle, ne se prostitue pas… et ses victimes sont nombreuses. Une série à toute allure, un peu western, un peu Mad Max, un peu de magie, tout ça à la fois : la mayonnaise prend bien, c’est addictif et hyper visuel, et ça se lit comme on regarde une super série télévisée : en « binch reading » !

 

Tomber en amour avec San Francisco

Chroniques de San Francisco, d’Armistead Maupin (éditions 10/18) : San Francisco, fin des années 70. Mary Ann a quitté sa campagne natale pour s’installer ici, dans cette ville magique où elle se sent « chez elle » dès les premiers jours. Elle loue un appartement dans la rue Barbary Lane, dans un immeuble dont la propriétaire, Ana, « couve » ses locataires comme ses enfants. Des personnages tous aussi attachants les uns que les autres, une lettre d’amour à la ville de San Francisco et à ses habitants, un petit coup de nostalgie vers les espoirs des années 60… La série compte six tomes, j’ai dévoré les deux premiers (lisant même dans la rue, en marchant, pour ne pas perdre une minute), et les quatre autres attendent leur tour. Tout comme j’attends de repartir à San Francisco dont je suis tombée, moi aussi, éperdument amoureuse.

Lady Falkenna, épisodes 1 à 6, d’Alizée Villemin (éditions Lune écarlate) : ambiance victorienne, entre Londres et Paris. Lady Falkenna, un peu voleuse, use de la magie qu’elle peut détecter, mais est traquée par plus fort qu’elle – et bien plus mauvais. À qui appartient cette voix qui la nargue ? Qui est ce sorcier dont la puissance la terrorise ? Un peu de magie, certes, mais pas mal d’action aussi, et une intrigue maîtrisée. Là aussi, on lit les épisodes d’une traite. Et dans les rues du quartier de Haight, en contemplant les immeubles victoriens datant du début du XXe siècle, tout comme dans la boutique de vêtements anciens Decades of fashion, j’ai imaginé marcher dans les pas de Lady Falkenna.

 

Revenir en avion

Milieu de nuit, au-dessus de l’Atlantique. Je regarde l’excellent The Grand Budapest Hotel. Les deux héros ont entamé une descente en « luge » à mille à l’heure, brinquebalent, manquent de tomber, se rattrapent… Happée par le film, il me faut quelques secondes pour comprendre que mon siège lui aussi brinquebale, et que je suis secouée de façon anormale. Et soudain, trou d’air. Des passagers réveillés en sursaut crient. Ma belle-fille, assise dans le fauteuil devant moi, se retourne et me demande : « Est-ce qu’il faut avoir peur ? Est-ce que l’on va mourir ? ».

Nous sommes entrés dans un orage sans que l’équipage ne nous ait prévenus. Des minutes bien plus longues que la normale se passent avant que l’équipage fasse une annonce. Finalement, nous sommes sortis de la zone sans dégât. Mais avec un doute affreux : l’équipage s’est-il rendu compte qu’on allait traverser une zone orageuse, ou bien a-t-il été surpris, comme nous, dans son sommeil ?

Du coup, en rentrant, j’ai lu…

Crash, tome 9 de la série Chérub, de Robert Muchamore (éditions Casterman) : les services secrets britanniques ont créé une section particulière d’agents très secrets, composée d’enfants et d’adolescents. Depuis le tome 1, on suit James et Lauren, frère et sœur orphelins, dans leur formation et leurs missions. Soyons clairs : James est une tête à claques. Lauren, elle, est douée, et rattrape bien souvent les idioties de son grand frère. Mais les intrigues sont prenantes, et là aussi, on dévore les tomes sans problème. En lisant ce tome 9, le lendemain de notre retour mouvementé, j’ai été heureuse de ne pas l’avoir lu avant : la scène du crash d’avion est tellement réaliste, et les causes du crash là aussi tellement probables que j’en aurais certainement crevé de trouille sur mon fauteuil.

 

Retomber en enfance

The Wizard of Oz, de L. Frank Baum (éditions Puffin Chalk) : où j’ai mis mes pas dans ceux de Dorothy chaussée de ses souliers d’argent, et qui, accompagnée de ses amis l’épouvantail, l’homme-boîte de conserve et le lion, traverse le pays d’Oz pour revenir dans son Kansas natal… Drôle, mignon, et très juste. J’y ai trouvé des références utilisées dans nombre d’œuvres littéraires et cinématographiques récentes, dont l’une, surprenante, détournée par les Monty Python : leur chevalier qui se fait découper membre après membre est un clin d’œil à l’histoire de l’homme-boîte de conserve, version « gore » ! Le petit plus de ce livre : acheté dans la librairie spécialisée en SF, fantasy, fantastique Borderlands à San Francisco.

 

Et vous, comment se sont passées vos vacances ?

Adéquations pour carnet de route en Californie

Publié dans Livres, Voyage

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