Petites émotions d’auteur

Publié le par Shaya Onthemoon

J'ai enfin réussi à terminer le premier jet de mon roman démarré il y a tout juste un an. Une longue année de réflexion, de retouches, de suppressions ; de rêves aussi, au cours desquels je traversais Athènes en ruines dans laquelle déambulaient mes personnages. Le "bébé" est court, tout juste 245 000 signes (à peine plus de 100 pages A4) : je ne suis pas très endurante, semble-t-il. Au cours de l'écriture, j'ai tenu un fichier Excel dans lequel je détaillais les heures de début et de fin d’écriture, et le nombre de signes écrits. En y revenant,  je vois que j’ai écrit par à-coups. Il y a des jours au cours desquels j’ai davantage supprimé qu’écrit, et d’autres que j’ai consacrés à la documentation, notamment en ce qui concerne les gardes à vue, les techniques d’immobilisation et sur les bateaux-prisons.

L’histoire que j’avais imaginée un matin de septembre 2012, qui avait jailli d’une seule traite, n’existe plus que sur ces feuilles que j’avais imprimées, puis gribouillées pour finalement les archiver. J’avais alors envie de raconter « mon histoire », pas « une » histoire. Et puis quelque chose m’a poussée à jeter aux oubliettes cette trame un peu trop « autobiographique » et à me laisser aller à la création d’une fiction.

Le premier jet du roman est donc terminé, et a été envoyé à trois bêta-lecteurs impitoyables. Depuis que le fichier est entre leurs mains, des doutes affreux me tiraillent : le récit n’est-il pas décousu, du fait de ce changement de cap en cours d’écriture ? Les interrogations auxquelles je ne réponds pas vont-elles les gêner ? Ne s’ennuient-ils pas à la lecture, ce qui expliquerait leur silence ? Que vais-je faire lorsqu’ils vont pointer les incohérences que je n’aurais pas vues ?

Et surtout, pourquoi donc ai-je voulu leurs avis à eux, et ne me suis-je pas contentée d’avis consensuels ?!

Heureusement, détournant mon attention de ces petites peurs, j’ai reçu (après une semaine de grève de centre de tri postal) mon exemplaire auteur de la revue Géante rouge n°21, dans laquelle est publiée la nouvelle écrite à quatre mains avec le talentueux (et charmeur) Olivier Gechter http://gechter.org/blog/?p=2335  :

Gulzar Joby, Gwendolyne [s] p. 7

Léo Lallot, Retour sur Garymante p. 21

Michel Grange, Le chat de monsieur Grodingo p. 35

Nicolas Lefebvre, Chrysalide p. 43

Frédéric Gaillard, Mimétisme p. 55

Marc Oreggia, Vega's bizarro p. 59

Tom Haas, Qui connaît, qui a vu ? p. 69

Yves-Daniel Crouzet, Le démiurge, p. 71

Hugo Van Gaert, Une bibliothèque qui crashe p. 77

Didier Reboussin, Wannsee p. 81

Laurent Gidon, Lueurs d'Albaretian p. 99

Philippe Molé, La rencontre p. 107

Dossier : Libraire, éditeur... et auteur. Thomas Geha p. 107

Thomas Geha, Psychindus, p. 108

Un entretien avec Docteur Dollo et Mister Geha p. 121

Thomas Geha, Elle(s) p. 132

Olivier Gechter et Sandrine Scardigli, Cent pour cent pur cuir p. 143

Denis Roditi, Acrobolis p. 157

Jean-Pierre Guillet, Même un enfant saurait s'en servir p. 171

Palmarès du Prix Pépin 2012 p. 181

Dico des auteurs p. 189

 

Petites émotions d’auteur

Depuis, je fouille sur Internet à la recherche d’un commentaire, d’une chronique, d’une annonce de notre nomination au Goncourt de la nouvelle cyberpunk érotique… mais pour le moment, rien. S’il vous plaît, achetez Géante rouge, lisez notre nouvelle, chroniquez-la (que si vous aimez, hein) ! Ça me fera du bien au moral, après « la trouille du roman en bêta-lecture » !

 

Pour finir ce billet, dans un tout autre genre, je prépare un séjour à Athènes – encore Athènes, oui, cette ville me hanterait-elle ? – la semaine prochaine, au cours duquel je vais donner la parole (la plume/le clavier ?) à des amis, fonctionnaires, entrepreneurs, salariés, parents au foyer, retraités, pour qu’ils racontent « leur » crise.

Hum. Si ça se trouve, ça va m’obliger à réécrire tout mon roman, ce séjour…

Publié dans Écriture, Grèce

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