Azruh

Publié le par Shaya Onthemoon

Azruh. Environ soixante ans. Ses articulations sont douloureuses.
Autour d’elle, ce ne sont plus les belles peintures aux couleurs vives qui l’environnent, mais une pièce étrange, en blanc et gris. Au-dessus d’elle, un portique dans une matière qu’elle ne comprend pas. Sous elle, ce ne sont plus les douces étoffes de soies, mais là aussi une matière froide, au murmure strident.
Si Azruh se réveillait à l’instant où le médecin ferme la porte après lui avoir fait passer une radiographie intégrale, elle serait sans doute dépaysée. Elle repose sur du papier à bulles.

Arrivée à Manchester en 1825, elle avait été psalmiste au temple de Karnak. À ce jour, elle a près de trois mille ans. Grâce à elle, les scientifiques ont pu comprendre ce que représentait vraiment le lotus bleu.
Cette plante a des propriétés très proches de celles du Gingko Biloba ; elle était vraisemblablement utilisée pour son action bénéfique sur la circulation sanguine : mieux-être, lutte contre le vieillissement et bien sûr effets aphrodisiaques. La belle Azruh telle qu’elle est représentée sur les murs de son tombeau est morte bien plus âgée ; elle souffrait de nombreux maux, comme l’arthrite, la bilharziose (qui avait notamment provoqué une calcification de sa vessie). Le lotus bleu pouvait sans doute la soulager.

Le lotus bleu était également systématiquement lié à la sexualité, comme nombre d’autres objets très représentés : le parfum et ses rites étaient liés à l’éjaculation par exemple. Suggérer la vie dans un lieu construit pour une morte n’est-il pas un moyen de montrer son espoir en la résurrection ? De repousser les limites de l’inexorable ?

Ce documentaire diffusé sur Planète est très intelligent : on y comprend qu’un élément apparemment anodin peut remettre en cause nombre de théories sur nos ancêtres. De mieux les comprendre.
De mieux comprendre les messages qu’ils ont voulu nous transmettre.
 

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