Les routes

Publié le par Shaya Onthemoon

Certaines flânaient le long des coteaux, tranquilles, sans se fatiguer. Elles se contentaient de suivre ce qui avait été rivière, sans chercher la pente difficile ou le passage à creuser.

Certaines étaient tassées, trop foulées ; de petits nuages de poussière rappelaient qu’elles n’étaient pas désertes.

D’autres restaient invisibles ; on les devinait, on les sentait à portée de main, mais elles se dérobaient à la vue. Sans doute les plus belles.

Ses yeux croisèrent le bout d’une botte, salie, usée. Confortable. Elle savait qu’elle devrait reprendre le voyage, choisir une de ces voies qui serpentaient. Elle avait toujours aimée aller plus haut, grimper, sentir son cœur battre d’impatience et son souffle raccourcir de fatigue. Elle avait toujours aimée choisir les sentiers inattendus, incertains, étranges. Elle avait trouvé son refuge, mais elle devait repartir. Elle devait choisir.

Quel chemin pouvait-elle emprunter ? Celui dont elle venait, épuisant, mais dont elle connaissait les pièges et les récompenses ? Ou bien celui-ci, tout neuf, revêtement parfait et lisse, où elle ne pourrait que marcher pour ne pas risquer de s’y briser le cou ?

Ou bien ce qui ressemblait là-bas à une sente perdue dans les brouillards venus depuis le précipice – ou la vallée ?

Le vent fraîchissait. Elle resserra la cape sur ses épaules. Ses cheveux flottaient, libres, et lui chatouillaient le cou. Elle aurait voulu rester ainsi immobile, à contempler les possibles. Mais le frisson du départ balaierait bientôt la certitude du confort.

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