Nuits de pleine lune

Publié le par Shaya Onthemoon

Je me demandais si le bébé de Popi était né ; je me demandais si la pleine lune était passée et j’essayais de deviner quand la prochaine arriverait entraînant le bébé à sa suite…

… et j’ai de nouveau entendu cet air.

Souvenirs. Bientôt dix ans.

 

Nous marchons dans la nuit, nos mains s’accrochent. Nous chantonnons tous les deux cet hymne à la lune et à la solitude. Nous nous découvrons, nos corps sont électriques lorsqu’ils s’approchent l’un de l’autre et nous n’avons pas encore échangé de baiser je crois. Il fait bon, nos semelles dévoilent les senteurs de l’herbe. Nous sommes à Barcelone, mai 1999.

Notre histoire sera à l’image de l’astre d’argent. Jamais terminée parce que jamais tout à fait commencée ; des retrouvailles, rares, sans vraiment de séparation. Qu’avons-nous été l’un pour l’autre ? Sensations contradictoires : culpabilité, excitation, envie, dégoût, tendresse, tout se mêlait sans que je ne comprenne ce qui m’attirait et me repoussait en toi.

Comme la lune attire et repousse les océans.

Plus tard, les nuits de pleine lune, c’est à un autre que je dédiais cet air – histoire des plus romantiques, elle, parce que jamais vécue. Je savais qu’elle aurait été trop belle – j’ai eu peur de me lier à une terre pour un homme.

 

La chanson est toujours là.

Pour écrire ce soir, j’ai allumé une bougie et j’ai lancé le CD, qui m’accompagne lui aussi depuis près de dix ans, depuis cette époque où je vivais dans ma « seconde famille », lorsque je me demandais comment j’allais survivre et m’élancer hors de cet autre nid.

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