On the road again

Publié le par Shaya Onthemoon

Fin d’une journée de travail. Je rentre chez nous.

Depuis mon siège, je découvre la campagne qui défile dans la lumière du soleil couchant. Dans les prés verts, les ombres des chevaux sombres s’allongent. Demain, elles seront peut-être remplacées par l’indolence de bovins blancs.

Premier village. Sur le trajet du retour, les lacets s’enchaînent en une descente où il est agréable de se concentrer sur le freinage et le passage des vitesses : troisième, quatrième... freinage léger, je rétrograde, accélération dans la courbe du virage, vitesse supérieure...

J’essaie de ne penser qu’à la joie grisante de la conduite sur ces petites routes, à travers des hameaux de longères et de petites maisons à colombages et aux toits de chaume, ombragées de pommiers aux fruits mûrs. Souvenirs de contes de mon enfance. Jamais je n’aurais rêvé que les illustrations de mes livres d’histoires puissent exister « en vrai ».

Nouvel emploi. Nouveaux trajets quotidiens. Cette fois-ci, pas de train possible, pas de transport en commun. Seulement ma voiture et moi. Cent kilomètres quotidiens pour établir une coupure entre le foyer et le travail... même si je n’arrive jamais à « déconnecter » mon esprit des livres, revues, journaux, procédures, tiens si j’avais enchaîné mes gestes dans cet ordre j’aurais été plus rapide à l’encaissement...

Beaucoup d’heures, pas d’écriture depuis des semaines.

Une novella en plan depuis trop longtemps.

De temps en temps, au détour d’un virage, des phrases qui fusent et cognent dans mon cerveau pour s’imposer et s’extirper de mes doigts. Sous lesquels il n’y a qu’un volant et un levier de vitesse, pas de clavier ni de carnet.

Cent kilomètres quotidiens dans la campagne qui change chaque jour, grâce à laquelle je mesure le passage des saisons, le recul du soleil face à la nuit hivernale qui s’annonce.

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