Sortie d'Anacalypse

Publié le par Shaya Onthemoon

Tant de changements depuis la première idée, le matin du 23 septembre 2012… 124 heures sur la première version (entre septembre 2012 et septembre 2013), et je ne sais combien sur la seconde (je n’ai pas tenu de « journal de bord » entre le printemps 2014 et avril 2015), 7 versions, 2 titres, 7 bêta-lecteurs, 29 éditeurs sollicités entre avril 2015 et juin 2016)… L’écriture de ce roman aura constitué elle aussi une véritable odyssée.

Je n’oublierai pas le trac à chaque retour de bêta-lecture (j’avais raison d’ailleurs, car les premiers ont été « gratinés »), la déception à chaque refus d’éditeur, et la joie ressentie à la suite de mon premier contact téléphonique avec les Amazones – ce sentiment que le texte avait enfin trouvé quelqu’un qui le comprenait et saurait le « porter ».

Un an après ce premier contact, voici la couverture. Je n’en ai pas la confirmation, mais il me semble bien que la photo a été prise sur l’Acropole, dans l’Erechteion, mon lieu favori sur le rocher sacré.

Sortie d'Anacalypse

Voici un petit texte d’accroche :

« La Grèce contemporaine, déjà sérieusement abîmée par la crise économique, vient d’être frappée par un Grand Séisme qui a tué des milliers de personnes et a poussé nombre de survivants à l’exil, alors même que l’Union européenne s’enfonce dans la paranoïa face aux migrants venus de tous les horizons. D’autres maux sévissent : des disparitions de femmes et enfants de plus en plus nombreuses ; et l’anacalypse, une drogue qui permettrait de révéler les dons cachés en chacun de nous.

À Athènes, Terry survit comme elle peut. Poursuivie par des cauchemars et des terreurs depuis le Grand Séisme, elle s’évade de son quotidien par le dessin. Lorsqu’elle apprend que son père est mourant, elle décide de rejoindre sa famille à Marseille ; elle part en bateau, en une odyssée qui va lui révéler bien des secrets sur ces trafics, sur le retour des anciennes divinités, et sur son propre passé. »

Lorsque j’ai imaginé la première version du texte fin 2012, de nombreux éléments relevaient encore de la science-fiction pour la Grèce comme les tickets de rationnement, la mise sous tutelle économique du pays, le contrôle de ses capitaux, sans compter la traque des migrants sur le sol européen et la mise en place d’une « hiérarchie » entre les citoyens de l’UE.

Aujourd’hui, ces éléments relèvent du quotidien (hormis la « hiérarchie » entre Européens, mais c’est ce qui se prépare avec les souhaits d’une « Europe à deux vitesses »), mes amis en Grèce souffrent pour la septième année consécutive, leur niveau de vie a dégringolé plus bas que celui de leurs parents lors de la junte militaire, et certaines personnalités de l’Union européenne utilisent les rétorsions économiques contre la Grèce comme argument politique. Je ne peux pas grand-chose pour les aider, ce roman ne leur rendra ni leur système de santé ni les terres qui ont été privatisées et vendues à l’étranger, mais j’espère qu’il sensibilisera quelques lecteurs à leur sort et à celui de toutes les personnes qui quittent leur sol natal pour fuir la mort.

Et qui sait ? Peut-être qu’à sa lecture certains oseront lever le voile sur leurs propres dons secrets.

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